I. L’honneur, notre bien commun
En 1947, Georges Bernanos écrit dans sa Lettre à Gallimard (Décembre 1947) : « lorsque tout nous sépare, l’honneur peut-être encore ce qu’on a de commun ».
Qu’avons-nous de commun entre vous et moi ?
J’ai rencontré la véritable misère au Congo et quand je lis les journaux, ce sont les fastes et les frasques d’un pouvoir qui paraissent intéresser la presse.
Alors, vous dire que ce régime qui tient depuis 25 ans à coup de corruption nationale et internationale et de crimes politiques, qui doit laisser la place à l’expression de la souveraineté du peuple congolais ne pourrait que nous séparer !
A moins que, vous le pouvoir médiatique, il vous arrive soudainement de vous rappeler que votre métier fonde sa crédibilité sur une charte d’honneur.
L’honneur peut-être encore ce que vous et moi nous avons de commun. S’entendre, se parler et communiquer va devenir possible.
Qu’avons-nous de commun, nous en France en particulier et en Occident en général avec ce petit pays, le Congo dont la superficie est de 342.000 kilomètres carrés et la population de moins de 4 million d’habitants ?
Ici nos rues et nos maisons sont électrifiées ; là-bas, 95% de la population vit dans la nuit. J’ai même vu le Tribunal de Grande Instance, arrêté un procès où j’ai plaidé car, il n’y avait plus d’électricité dans la salle d’audience !
Ici nous mangeons à notre faim ; là-bas, 95% de la population, ne sait pas ce qu’elle mangera ce soir.
Ici, nos soins sont garantis ; là-bas, le taux le plus élevé de la mortalité est garanti.
Ici nous utilisons le pétrole dont ce pays regorge ; là-bas, leur pétrole fait leur malheur. Et il faut faire une queue de cinquante mètres pour avoir un bidon d’essence.
Croire encore que la France et le monde actuels comprendront cette exigence de soutenir l’humanité qui souffre au Congo dans sa voix de libération et sa conquête de son honneur, en sus de toute question de pétrole, des intérêts financiers et de géostratégie, c’est faire confiance à cette France et à ce monde.
Ils n’ont pas perdu les principes et les valeurs de ces grands anciens, au rang desquels je place Georges BERNANOS. Il rappelle ce jour dans la conscience de tous que lorsque les intérêts nous séparent, l’honneur est peut-être encore ce qui nous reste de commun entre le peuple congolais, le peuple de France et les peuples du monde.
J’affirme que certains de mes interlocuteurs, partenaires et alliés français et par le monde, sont parfaitement et activement synchrones avec tout mon projet politique fondé sur l’honneur.
Selon plusieurs avec qui j’en ai discuté, mon projet dépasse largement les frontières du Congo et de l’Afrique. Il concerne le monde.
Une mondialisation qui voudrait être étrangère, voire hostile au projet de la politique de l’honneur nous mettrait tous en grave danger de mort ou de dissolution de l’espèce humaine.
II. L’honneur, fondement de la nation congolaise
Qu’avons-nous de commun entre Congolais puisque par les manipulations politiques tout nous sépare ?
L’écrivain congolais Sony LABOU TANSI préfaçait un de ses romans ainsi : « nous venons au monde pour nommer, malheur à qui nommera sa propre honte ».
Ainsi, nous autres Congolais, malgré nos différences de fortunes et d’ethnies, nous avons peut-être encore une chose de commun. C’est l’honneur.
L’honneur nous obligera à sortir des situations de guerres, de corruptions de mauvaise gouvernance par lesquelles nous continuons à nommer notre propre honte et celle de notre pays, malgré certaines fanfaronnades.
C’est pourquoi, la politique de l’honneur va rechercher la remise en valeur de la dignité collective. Cette dignité passe par celle de chacun, par l’effort moral et spirituel de chaque Congolais, particulièrement lorsqu’il se trouve en charge d’un pouvoir politique, judiciaire, économique et financier.
C’est pourquoi, je ne me conçois aux commandes de notre pays que si mon intégrité et mon éthique personnelle face à notre richesse nationale seront observées, reconnues par une commission d’honneur.
Elle inclurait les délégués du peuple et des représentants de la communauté internationale constituée par les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Israël et les alliés africains du Congo.
Ils ont tous leur rôle à jouer dans la stabilisation du Congo et par ricochet, celle de la région. La situation est de plus en plus dangereuse au Congo. Ce ne sont pas les fonds qui manquent, mais le partage et l’honneur de gouverner dans la dignité la communauté politique congolaise.
III. L’honneur, notre responsabilité
Si je demande que cette commission nationale soit ouverte sur la communauté internationale, c’est parce que la catastrophe humaine guette le Congo. La communauté internationale doit se sentir responsable et solidaire du redressement de ce pays.
Ainsi, elle sera chargée de constater la construction du Congo. Elle vérifiera la participation de nos partenaires industriels et financiers étrangers à une sorte de plan Marshall sur le Congo.
C’est elle qui rendra compte des réalisations sous la forme d’un laboratoire, qui, toute chose égale par ailleurs, donnera des résultats utiles pour d’autres pays.
Cette commission rendra compte également de mon activité politique. A cette structure éminente, je confierai la réputation et l’honneur de ma famille et de ma fonction présidentielle.
En effet, elle regardera, saura dire haut et fort, preuves à l’appui, que mes finances personnelles ne tiendront qu’à mes émoluments officiels.
Ma rigueur et ma sobriété justifieront ma fermeté à l’encontre des prévaricateurs qui ont toujours su prospérer sur la misère du peuple qu’ils provoquent.
La moralisation de la politique et de l’ensemble des sphères dirigeantes de notre pays est l’essentiel de mon projet politique.
Ainsi, l’aboutissement de ce projet politique, économique et social dépendra largement de ce redressement moral de tout ce pays qui a été, surtout ces derniers temps, géré sans l’Amour de la vérité et de l’honneur.
Pour atteindre cet objectif qui développe et fortifie la vie intérieure de notre peuple, je compte :
- sur notre réveil spirituel,
- sur les leçons tirées de ces années sombres de la terreur et de l’absence de partage de la richesse nationale,
- sur la rigueur de chaque opérateur économique librement consentie,
- sur la participation de tous les investisseurs étrangers au plan de redressement du Congo,
- sur l’engagement responsable des hommes et des femmes qui continuent à croire dans le monde entier que l’honneur est le fondement de toute relation humaine,
- sur la puissance du pouvoir judiciaire pour mettre fin à l’impunité.
Au moment, où les grandes puissances veulent moraliser le libéralisme, qui osera critiquer cette volonté politique d’instaurer une politique de l’honneur ?
Notre peuple qui est tombé dans le gouffre de la misère sait à quel point l’humanité détruite par l’injustice est si difficile à guérir.
Sans une politique de l’honneur, notre peuple aura de la peine à faire confiance et à donner son suffrage. Ainsi donc, la vie politique congolaise ne sera qu’une succession des fraudes électorales. Seul l’honneur rendra au peuple la confiance dans le choix de ses dirigeants.
On dit qu’où le péché abonde, la grâce surabonde. Que désormais dans ce Congo où la fraude électorale a toujours gouverné la vie politique, la grâce de l’honneur conduise à la transparence des élections.
Rappelons-nous pour ce peuple du CONGO ce mot de Simone WEIL, la philosophe selon lequel : « Dieu ne peut diviniser que ce que nous avons d’abord humanisé ». Abandonné des gouvernants, Dieu peut faire de ce peuple un instrument pour sa gloire.


