Sassou Nguesso Infamie politique

Sassou Nguesso Infamie politique

Nos experts ont choisi, parmi les milliers d’articles et chroniques qui nous parviennent, en vue de  la publication sur le site cap-congo.org l’excellente chronique de Monsieur Benjamin  Bilombot Bitadys intitulée  ” Bataille autour de la croissance économique pour 2012″. D’une part, elle nous expose la guerre perdue de la croissance du Congo dont les aveugles dirigeants veulent absolument que la croissance atteigne pour 2012, 10% alors que les calculs sérieux des institutions de Brettonwoods donnent au mieux, une croissance qui frôle à peine les 7, 8% (et cela sans tenir compte de l’évolution défavorable de la conjoncture internationale).

De l’autre, elle met en évidence la mauvaise gouvernance selon le système de l’infamie  politique  du Congo qui est financé par un service exorbitant de la dette croissante (91 milliards en 2011, contre 73 milliards en 2011 pour la dette publique extérieure, alors que la dette publique intérieure passera à 80 milliards en 2011 contre 65 milliards en 2011), alors qu’en même temps, les comptes tenus  par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (B.E.A.C.) révèlent en 2011 que le Congo détient des avoirs extérieurs de 7000 milliards de francs C.F.A.).

Le lecteur doit bien observer que ces avoirs extérieurs officiels ne tiennent pas compte des avoirs occultes, des mallettes (comme tout récemment celle de l’amante de M. Ondongo, Ministre des Finances, saisie par la douane française) des actifs immobilisés dans des achats d’immeubles de prestiges improductifs, par Sassou, son frère, ses enfants et selon épouse… 

L’erreur dans tout cela n’est même pas à chercher. Les dirigeants actuels du Congo suivent la logique de la vache à lait,  mise en place depuis fort longtemps et symbolisée par l’immense statue qui trônait sur la place de la gare de Brazzaville surnommée par tous les Congolais “Ondongo très fâché”!

Il est si fâché qu’il veut tout le Congo pour lui. Il en fait son patrimoine propre. Une telle politique répond aux critères de ce qui fut un moment, connu sous le terme de la néo patrimonialisation.

Ces gouvernants ont choisi résolument la politique du ventre plutôt que de faire la politique de la croissance de notre Congo, celui que nous laisserons à nos enfants, celui qu’aiment nos investisseurs honnêtes et confiants en son véritable avenir et non l’avenir que lui promet le prestidigitateur en Chef qui a tracé pour ce pays le chemin de l’enfer.

Autrement, comment comprendre que les économistes congolais ne puissent pas tenir compte des conjonctures internationales. Ils vivraient alors dans une bulle de verre? Pour lever le doute, notre équipe sur place à Brazzaville a interrogé, en toute discrétion,  les économistes du Ministère des Finances.  Elle a même examiné les brouillons de ce fameux budget de croissance à 10%. Résultat stupéfiant : aucun économiste n’a été interrogé. Les 10% n’ont fait l’objet, ni d’une discussion de commission, ni d’un arbitrage quelconque!!!

Alors, il ne reste qu’à chercher d’où viennent les 10% et pourquoi veut-on les défendre bec et ongles?

En auditionnant le message des vœux de Sassou Nguesso de 2011, l’énigme a trouvé enfin sa solution. C’est un dictât de Sassou qui ne veut pas que son “chemin d’avenir” soit mis en échec!

Faire baisser d’un cran ses prévisions, c’est proclamer la mise en échec de toute sa politique!

Voilà comment le Congo est gouverné. Mais le temps des dictât est passé.

Les lois économiques et les logiques géostratégiques commandent humilité et intelligence politique pour que le Congo ne se fossilise pas comme se fossilise le triste Sassou!

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