Après ces années de souffrance alors que notre terre produit suffisamment de richesses pour nourrir tous ses enfants que puis-je souhaiter pour nous tous?
Je pense que nous avons besoin de liberté et de justice.
De liberté, car la liberté rend belle la vie. Elle éloigne les terreurs et développe hommes, femmes et enfants dans un climat où il est possible d’exister, de faire, de nous faire confiance les uns les autres. Ce qui nous manque terriblement c’est la confiance. Notre état mental est réduit à l’état d’esclave. Nous avons appris à vivre l’inacceptable en matière d’injustice, de pauvreté, d’absence d’Etat et d’un pouvoir inique au service de Sassou et de son clan (les Okemba et consorts) dont la longévité n’a rien à envier à ceux que le printemps arabe vient de renverser.
De liberté, il en faut pour dénoncer cet état de choses qui réduit le Congolais à un lâche. Des journalistes tentent qui tentent d’enfreindre la loi du silence, sont encore frappés par la censure d’un âge qu’on croyait révolu. Ainsi le Camarade Sassou Nguesso vient de rappeler à tous quelle est sa véritable culture politique dans l’affaire de la censure qui vient de frapper le journal l’Amicale et un autre journal ayant osé dire qu’un enfant nié par Dominique Okemba lui ressemblait traits pour traits…
Je ne peux que soutenir le Commitee to Protect Journalist (CPJ) qui a ordonné à l’Etat congolais de mettre fin à cette censure.
De liberté, car plusieurs des nôtres, à commencer par Matsoua André, créateur de l’Amicale, ont donné leur vie pour que le Congo soit libre. La liberté est une affaire trop sérieuse pour se la laisser confisquer par ceux qui ont construit leur carrière politique en commettant crimes sur crimes sur ceux qui n’aspiraient à rien d’autre qu’à la liberté du Congo!
De justice nous avons plus que besoin. Le Congo a oublié que la justice peut régner sur un pays. Les magistrats congolais que je suis amené à rencontré dans le cadre de ma fonction d’opposant au régime de Sassou Nguesso, me disent à quel point ils n’ont pas la liberté de prononcer des décisions justes. Je me suis même laissé dire que certaines sentences sont prises sous la dictée de Sassou Nguesso lui-même, surtout lorsqu’il s’agit des affaires politiques sensibles.
Si la justice ne règne pas dans un pays, aucun développement politique et économique n’est possible. La corruption règle, comme c’est le cas au Congo, la vie des affaires et toutes les démarches les plus élémentaires sont une guerre au quotidien, pour être reçu et reconnu dans ses droits.
Si la justice n’est pas libre, aucune gouvernance, aucun changement politique n’est possible. C’est l’impunité qui est la loi.
Mais la justice dont le Congo a besoin c’est la traduction de Sassou Nguesso devant la Cour Pénale de Justice. Plusieurs organisations même très sérieuses semblent manquer de moyen de faits et de droit pour que Sassou comparaisse devant cette justice où des hommes qui en ont fait moins que Sassou, comme Gbagbo, comparaissent aujourd’hui.
En réalité, dire cela est une véritable blague.
Je propose une piste sur laquelle je reviendrai au cours de cette année : La simple lecture du livre Sassou Nguesso, l’irrésistible ascension d’un pion de la françafrique/L’Harmattan 2009.
Cet ouvrage de la Fédération Des Congolais de la Diaspora à la page 273 donne une piste sérieuse. Il faut avant d’atteindre Sassou inculper Ntoumi et appeler à témoigner Ndalla Ernest et le général GIAP et les officiers angolais qui ont participé à la réunion qui a fait de Ntoumi l’exterminateur des habitants du Pool au service de Sassou Nguesso.
Dès que cette première étape est accomplie, la deuxième étape viendra. Et le fil se déroulera plus vite que ne pensent ceux qui passent par les palis de Sassou et prétendent défendre le peuple congolais.
Ces deux cibles valent la peine. Il faut comme les amicales des temps de la libération du Congo, que des cercles se créent aussi bien au Congo qu’en diaspora pour réfléchir, regrouper, mettre en place les moyens mutualisés pour enfin déraciner ce régime qui est sans doute parmi les plus corrompus du monde.
Il s’agit de notre pays, il s’agit de l’avenir de nos enfants, il s’agit de notre foi pour déplacer les montagnes et Sassou est moins qu’une montagne.
N’ayez plus peur ouvrez les portes de votre vie vers Celui qui est la véritable source de la Vie qui ne vient ni d’un pouvoir, ni d’un homme!


