Dépôt de la plainte de Maître Kounkou
Monsieur ou Madame Le Procureur de la République Près le Tribunal de Grande Instance de CRETEIL
Paris, le 11 Septembre 2011
Monsieur ou Madame le Procureur,
Suite aux révélations de l’avocat, Maître BOURGI, au Journal du Dimanche du 11 Septembre 2011, dont extrait est en annexe, je vous saisis pour la défense des intérêts des peuples d’Afrique et particulièrement du peuple du Congo, victimes d’une escroquerie en réunion, organisée entre les Chefs d’Etats et personnalités politiques françaises et les Chefs d’Etas et responsables politiques africains, en vue de la spoliation des peuples et avec la volonté préméditée de faire échec à la résolution des Nations Unies du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
I-OBJET DE LA PLAINTE
Je déclare porter plainte, entre vos mains, contre X, des Chefs d’escroquerie, d’abus de faiblesse, de faux et usage de faux en écritures, de non assistance à Peuple en danger et de détournement de fonds
Les faits, auteurs, témoins et incriminations pénales sont exposées comme il suit.
II – FAITS
Depuis l’époque de Monsieur FOCCART, jusqu’à celle de Monsieur BOURGI, il apparaît que la remise d’argent venant d’Afrique à la France soit incalculable. C’est ainsi que réponds Monsieur BOURGI à la question que lui pose le journaliste du J.D.D. : À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?
Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.
Il ne s’agit –là que de la période Foccart. Qu’en est-il de la période BOURGI ?
D’ailleurs, lui-même ajoute : « Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette, d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…
Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.
«À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé “la marche à suivre»
Or dans le même temps, la situation des peuples de l’Afrique ne fait que se détériorer. On crie la famine dans toute l’Afrique, on improvise des actions humanitaires, alors que l’argent dont l’Afrique a besoin pour se développer est utilisé frauduleusement pour les élections françaises.
Dans le même article, il cite les protagonistes africains lorsqu’il répond au journaliste à la question : « Et les remises de valises ont continué?
Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé “la marche à suivre”. Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de “M. Chambertin”, une de ses trouvailles. Pas question de laisser de trace de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains - Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) - ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002 ».
Il est important de constater que le système a continuellement irrigué la vie politique française toutes classes politiques confondues et en tout temps, car, s’il est dit que le système des valise a cessé, il n’est pas dit que ce système lui-même a cessé ; comme le dit lui-même Monsieur BOURGI: « Nicolas Sarkozy m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : “Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ?” Il m’a dit aussi : “Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura.” Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m’a dit : “Robert, là où je suis, tu es chez toi”, et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par “valises“ ».
Dans ce système, jamais la vérité n’a éclaté, jamais justice et lumière n’ont été faites ; par conséquent, les responsabilités n’ont jamais été établies sur l’état de la misère dans laquelle vivent les peuples africains et particulièrement le peuple du CONGO.
Tous ces faisceaux démontrent et étayent les Chefs d’escroquerie, d’abus de faiblesse, de faux en écritures, de non assistance à personne en danger et de détournement de fonds , captation et usurpation des richesses des peuples d’Afrique et particulièrement du peuple du CONGO.
Par ces motifs, je porte plainte contre X pour le compte des peuples de l’Afrique et particulièrement du CONGO sur des délits découlant des faits ci-dessus exposés.
Veuillez, agréer, Monsieur ou Madame le Procureur, l’expression de ma considération.
Dominique KOUNKOU


