Respect des générations qui viennent

Respect des générations qui viennent

Nous décidons hardiment de prendre en charge la transmission d’une mémoire pleine d’espérance aux générations qui viennent après nous. La tâche à entreprendre est lourde et paraît si lointaine. Mais il nous faut être réaliste et prendre bien conscience que nous devons passer le relais afin que l’œuvre que nous entreprenons continue et que nos enfants et les enfants de nos enfants s’assignent la tâche de poursuivre la construction d’une cité qui donne à l’enfant, à la mère et au père la joie d’être vivants sur la terre.

Lorsque la révolution tunisienne est arrivée, nous fûmes tous surpris, mais dans le même temps, ce semblait un épisode de l’histoire. Tant nous étions tous habitué à vivre dans le monde des pouvoirs inamovibles. Face à ses pouvoirs de quinze, vingt, trente années d’exercice, le peuple paraissait nain devant  le Goliath, invincible, mystérieux, pleins des pouvoirs économiques, politiques et des relations protectrices sur toute l’étendue de la terre.

Il a bien fallu se rendre à l’évidence : les peuples sont bien loin d’avoir terminé et partout le véritable souverain, le peuple de chaque nation, se remet bravement à la reconquête du pouvoir qui lui a été confisqué. Chaque peuple qui a renversé son tyran est persuadé d’avoir tracé une voie et semé quelques graines de courage et de volonté politique qui porteront leurs fruits.

Tunisie, Egypte… les peuples n’écoutent désormais qu’une raison : c’est celle de la recherche de la prospérité des peuples et non plus celle de l’enrichissement des clans. Personne ne les en dissuade, et tous ceux qui voient leurs œuvres, par les  écrans des télévisions, les encouragent à continuer.

Les peuples sont résolus à changer la face, les rides du vieux monde et les travers et les tares des maîtres du monde. Quand les peuples brandissent leurs étendards de revendication, le monde entier entend : “plus jamais çà”.

La politique est devenue sans noblesse d’âme et de vie. Elle est devenue la course effrénée du profit et le culte de la richesse. Elle est synonyme de l’aggravation du sort des plus pauvres.La vie des chefs d’Etat et des relations internationales est irriguée par toujours plus d’argent, toujours moins de dignité et de liberté et plus de différence et de discrimination. Toujours et partout, au mépris des plus démunis, s’est ajouté le rejet des étrangers perçus comme une menace et un danger par ceux qui amassent les richesses sur la tête de leurs clans et amis politiques nationaux et internationaux.

Par voie de conséquence, on assiste à l’impuissance des Etats à assumer le respect de grands principes qu’ils n’ont cessé de proclamer et codifier.

La communauté internationale ne regroupe que des chefs qui suivent leurs investissements comme l’on suit les cours de la bourse.

La lutte que les peuples entreprennent contre ces chefs-là, est source de bien-être pour toute notre humanité. Plus le feu gagne les forteresses hier inatteignables, plus est proche  la naissance d’une nouvelle terre faite de partage des biens et richesses et de soutien à la veuve et l’orphelin.

Plus tremblent ceux qui sont assis sur les trônes usurpés, plus la liberté gagne.Ce feu qui a été allumé dans le Maghreb, ira loin, plus loin qu’on ne l’imagine. Ceux qui s’immolent, s’exposent aux armes ou donnent leur vie,  le font par respect des générations qui viennent. Sans voir plus loin que sa propre vie, il est difficile de donner sa vie. Sans croire que nos enfants doivent vivre mieux, il est impossible de s’indigner comme nous le conseille Hessel, pour cultiver un avenir meilleur pour tous.

Ils savent qu’une autre vie au monde est possible. Ils voient plus loin que l’horizon des puissant. Quand à Kinshasa, Kabila se réfugie dans une ferme pour sauver sa vie, à Brazzaville on voit arriver une eau glissante, visqueuse de sang longtemps, longtemps versé.

Qui sait si tout un pouvoir ne s’y noiera pas !

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