PACTE MBOCHI POUR LA CONSERVATION DU POUVOIR

PACTE MBOCHI POUR LA CONSERVATION DU POUVOIR

lettre de Monsieur Jean ITOUA à Dominique KOUNKOU
en réponse à la lettre d’Alexandre LIBISSA

Mon frère Dominique Kounkou!

Nous comprenons tous que beaucoup de compatriotes éprouvent un sentiment de frustration voir de colère. Je ne leur donne pas tort. Certains de Nos frères du sud adoptent un discours qui souvent nous anesthésie, nous déresponsabilise et aussi amoindri notre ardeur à mettre les pieds dans le plat. Je ne me défends pas mais les nuances tiennent au choix des mots.

Je ne veux pas vous convaincre mais soyez rassurés les cadres du nord qui voient et analysent la situation dans le même sens que moi existent toujours. Ils sont comme moi furieusement agacés par le discours culpabilisant tout le nord. Ce discours qui divise et qui veut que tout le monde soit placé dans le même tas. Toute l’élite du nord ne se reconnait pas et ne se retrouve pas dans cette description. Les pacificateurs existent encore dans le Nord croyez moi et c’est avec eux qu’il faudra construire le Congo de demain. Savoir faire la part des choses nous permet d’éviter certaines obstacles.

Nous ne pouvons aimer notre pays et rester indifférents de ce qui s’y passe. Les problèmes des congolais sont criants. Notre réseau de santé et d’éducation craquent de partout. Nos familles sont plus pauvres, plus dépendantes des transferts de Western Union.

Il faut désormais poser autrement la question de l’unité nationale, et veuillez croire que ce n’est pas de gaieté de cœur que je parviens à cette conclusion. Il nous faut ouvrir un nouveau cycle de relations entre compatriotes. Nous devons aller au delà de l’internet. Nous devons nous parler plus souvent et de vive voix, nous rencontrer non pas virtuellement mais physiquement. Dans l’actuel climat de cynisme et de méfiance absolue rien n’est gagné d’avance. Apprenons à nous faire confiance, allons au delà de la douleur immédiate et pensons plus à des gains à long terme. C’est un parcours qui nous exige plus d’efforts que nous n’en avons jamais faits, même si je ne doute pas que nous en serions capables.

Mon cher frère Alexandre Libissi, minoritaire oui et non, souvenez-vous le gros du travail est souvent fait par les 20% des effectifs. Nous ne devons pas demander à la population congolaise d’être plus courageuse que son élite. L’élite congolaise c’est vous et c’est nous. Armés des meilleures intentions, nous pouvons poser des gestes dont certains peuvent réellement faire avancer notre beau pays.

Fraternellement,

Itoua

fm

Le 14 octobre 2010 01:17, Alexandre LIBISSA a écrit :

Mon frère jean,

Tu as touché du doigt le mal du pays. Je ne suis plus seul à prêcher dans le désert.

Voilà plus de 10 ans que je ne cesse de dénoncer cette supercherie dit “conflit nord-sud” dont les tenants -qui sont dans les deux camps- ont pris le Congo, notre pays, en otage depuis voilà 50 ans et plus.

Le fameux “conflit N-S” a grandi et connu plusieurs mutations dans le temps. Il se présente aujourd’hui à mes yeux comme un monstre multitentaculaire,qui agit avec violence dans la société avec une idéologie, des moyens politiques, financiers, militaires et sécuritaires, sans compter ses relais étrangers.

Aujourd’hui depuis le berceau, sans exagération, on enseigne à un enfant qu’il est du Nord et que le bacongo (l’homme du sud) est un serpent venimeux à écraser et au petit bacongo que le m’bochis, (l’homme du nord) est un ennemi à détruire.

Le “diviser pour régner”; toujours d’actualité. La relève est assurée…une honte!

Cet élixir de la haine coule dans les veines de tous les congolais qui se voient parqués malgré eux dans l’un ou l’autre camp… Du beau travail en 50ans, n’est-ce pas?
La démonstration en est l’inversion des valeurs, la stagnation ou le recul économique, les replis identitaires, le fanatisme, la montée des intégrismes et autres méfaits socio-culturels.

Je sais qu’il ya dans le pays et à l’étranger une minorité de nos compatriotes consciente de ce gâchis; des congolais atypiques…
Bien que minoritaires, chacun de nous doit s’armer de courage pour faire face à ce monstre

et le détruire avec les moyens du bord.C’est un combat de David et Goliath. La Renaissance du Congo passe malheureusement par là.

L’amour du Congo est notre seule force; j’y crois. La nature nous enseigne tous les jours que le jour fini toujours par succéder même à la nuits la plus longue.

Paix et fraternité;

J’ai dit.

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