Il y a une résistance que l’on a tous oublié, c’est celle des anciens salariés de l’entreprise de poste et télécommunication du Congo. Ils ont été licenciés comme « des malpropres » lorsque dans sa fougue d’enrichissement, la fille de Sassou Nguesso, décédée il y a un an, a ravi cette entreprise pour la faire entrer dans l’escarcelle de l’enrichissement sans cause de la famille SASSOU.
Ils n’ont perçu aucun droit lié à ce licenciement frauduleux. Jusqu’à présent la plupart, d’entre eux, mis en retraite anticipée, n’ont ni indemnité, ni pension. Dans ce pays où les tenants du pouvoir font chaque jour la fête pour célébrer leurs milliards, ces parias de la famille SASSOU, n’ont personne pour entendre leur cause. Personne ne parle de ce drame national. J’ai vu derrière l’ancien cinéma RIO, un papa réduit à n’être qu’un moins que rien et à qui, même la dignité que donne le fait de se lever chaque matin pour aller au travail, a été ravie. Alors qu’ il me parlait, cet homme originaire de Pointe-Noire qui a fait sa vie à Brazzaville, était au bord des larmes. Il n’avait qu’une idée en-tête : se suicider. Comment trouver les mots qui réconfortent et redonnent un peu d’espérance? Comment trouver de petits moyens pour que son épouse commerce au marché de Bacongo, appelé Total ? Comment enlever à cet homme la honte d’attendre que son épouse revienne du marché pour trouver de quoi se mettre sous la dent ?
Peu à peu, cet homme a repris confiance. Mais depuis que j’ai été alerté de cette catastrophe, j’ai appris malheureusement que beaucoup de nos compatriotes n’ont pas trouvé d’autres solutions que se donner la mort, à cause de l’indignité dans laquelle la famille SASSOU les avaient plongés !
J’ai un sujet de joie, c’est d’apprendre que le peu qui a survécu, organise une résistance devant l’ancienne poste centrale (le Congo n’a plus de service de postes….). Un jour par semaine, ils font résonner des casseroles.
Ce mouvement est si assidu que Sassou qui passait par là lors de ses déplacements, a dû changer d’itinéraire. Puisque les Congolais ont pris l’habitude de courber l’échine et de se contenter des miettes de leur propre argent, qu’on leur verse comme à des esclaves, cette résistance mérite un peu plus d’attention. Dans sa pittoresque grandeur, Pïnochet aussi, a dû subir les coups psychologiques et politiques de ces femmes que l’histoire n’oubliera jamais !
Pendant que d’autres tremblent, quittent Paris, sous le prétexte fallacieux de la réconciliation et vont s’agenouiller à Oyo pour revenir avec des billets sous les jupes, il y a encore un Congo digne de confiance. Il y a un Congo que j’aime et qui me donne la force vive pour combattre, c’est celui de ces « résistants casseroles ». J’aime ce Congo de MBEMBA MOUNKA : Congo na ngai ézalaki boyé, na tangu ya Matsoua (Mon Congo était ainsi, au temps de Matsoua).
Continuez chers Pères et mères de résister, même si la nuit est longue, le jour finit par se lever. Vous êtes le Congo debout. Vous êtes le pilier et les pères de la résistance actuelle congolaise. Vous précédez l’aurore quand beaucoup de Congolais continuent de dormir.



