Dominique Kounkou : la rupture est un choix

Dominique Kounkou : la rupture est un choix

Je m’appelle  Doimg_0616a1minique KOUNKOU . Je suis né le 28 février 1953 à Brazzaville . Je n’ai jamais rectifié mon âge. Je suis l’ainé d’une famille de 7 frères et sœurs. Mon père travaillait au barrage du Djoué. Puis il est revenu vivre avec sa famille à Ngamissakou, dans la région du Pool. J’ai fait toute ma scolarité primaire à Mayamou près de 10 km de mon village qu’il fallait parcourir matin et soir.  J’ai eu très brillamment mon concours, classé parmi les meilleurs,  j’ai été sélectionné pour entrer au collège expérimental Ganga Edouard .

Est-ce à cause de mes notes ? Je ne sais pas. Je me suis retrouvé d’office à Chaminade en 6ème.  Après le brevet, le lycée technique qui à l’époque choisissait les meilleurs de la république, m’a accueilli ; après le baccalauréat, j’ai étudié à l’institut de gestion à Dakar. Après Dakar, j’ai travaillé au Congo. Je suis parti pour la France où j’ai suivi trois formations : la théologie à la faculté de la théologie évangélique à Vaux sur seine en région parisienne, la sociologie des religions à la Sorbonne, le doctorat en droit international à l’université Paris X.

Je suis entré, à l’époque, au Barreau de Paris. J’exerce encore en tant que pasteur. Je suis venu à la politique par refus de l’injustice, car je suis chrétien, donc je prends plaisir à la justice.

Deux hommes, m’ont appris comment combattre l’injustice au sein d’une société dominée par la dictature du fait  d’un chef bourreau, comme au Congo ou du fait  d’un système colonial ou ségrégationniste comme l’Inde ou les Etats-Unis.

Ces deux hommes sont Gandhi et Martin Luther King.

Par eux J’ai appris qu’il fallait rompre le cycle criminogène de la violence physique, économique, raciale ou tribale que les bourreaux imposent aux faibles pour ruiner les mécanismes de réduction à l’esclavage de tout un peuple, que vise l’injustice.

J’ai étudié dans un mémoire à la faculté de théologie la doctrine et l’action de Gandhi et de King.

Depuis j’ai appris à détecter les situations d’injustice, à en chercher les causes et à en cibler les racines pour les détruire.

La prière est une ressource incroyable quand on entre dans un tel combat, car souvent par delà l’injustice humaine ressentie, il y a Belzebuth et ses agents qu’il installe au pouvoir.

J’ai fini par comprendre que parmi les causes de l’injustice il y a celle que l’on ne discerne pas toujours! La troisième  main qui divise ceux qui sont pourtant déterminés à vaincre l’injustice dans leur pays.

Je suis donc venu à l’action politique car c’est dans la société humaine dans la cité des hommes plus exactement que l’injustice aux causes multiples vient faire florès.

Je ne suis pas venu les mains vides. J’ai acquis ce qu’Aimé Césaire appelait les « armes miraculeuses » - la connaissance- ;  j’ai accueilli la puissance de la foi en Dieu par Jésus Christ qui est venu dévoiler les œuvres du diable qui séduisent, aliènent et réduisent les hommes, les femmes et les enfants à la captivité au sein de leur société remplie de richesses énormes dont ils ne profitent pas. J’ai compris que gouverner demande d’aimer les prochains qui forment le peuple qu’il faut servir et non sur lequel il faut absolument régner.

Que penser de la situation actuelle ? Trois causes me sont évidentes :

La première est causée par l’irresponsabilité des jeunes qui ont accepté de se faire enrôler dans des systèmes  politiques comme le PCT conçu pour favoriser la gérontocratie.

Les jeunes dans mon pays n’ont jamais compris que c’est eux l’avenir. Tant qu’ils ne se lèvent pas, il n y aura pas de changement. Ils  n’ont appris qu’à se laisser entretenir par une sorte de corruption de conscience qui les maintient toujours à l’écart du centre de décisions et finalement du pouvoir.

Elle est causée encore, par la conscience confuse que le Congolais en particulier et les Africains, en général,  ont du Congo et de l’Afrique. L’Africain n’a pas compris que l’Afrique est la plus grande puissance du monde. Le monde entier est nourri par les richesses de l’Afrique. Ils ne développent par conséquent aucune intelligence stratégique pour mettre en place un pouvoir qui développe cette puissance.

Les jeunes intellectuels qui devraient comprendre cette réalité  immédiate et future se laissent enrôler dans des systèmes de pensées qui leur assignent un rôle de subalterne préoccupés par la politique du ventre.

Elle est causée enfin  par la séduction qui abrutit le peuple.

Depuis  la colonisation, la néo colonisation l’Occident a développé un mythe séductif. Il altère les sentiments des peuples colonisés, ils vivent en dessous de leurs moyens et continuent à se laisser persuader que sans l’occident ils sont impuissants, pire, ils ne peuvent rien réussir.

Conclusion : ils laissent l’Occident les dépouiller, les ruiner et même les ridiculiser.

Au Congo, Sassou une fois rassuré par quelques hommes d’affaires de France, déploie une séduction qui laisse croire que sans lui le Congo n’est rien, sans lui le nord est menacé par le sud, sans lui c’est la catastrophe, sans lui c’est la guerre ! Alors que c’est Sassou lui-même qui a généré toutes les guerres que le Congo a subi durant ces derniers temps.

Que faire ? Nous pouvons bâtir notre pays pour que nous-mêmes et les générations futures vivions heureux , se lever pour bâtir ensemble. To bonguissa mboka, rend bien compte de cette invitation à construire le pays détruit de toute part. Nous ne pouvons y arriver que si nous renonçons à éprouver la terreur face au bourreau et ses acolytes qui dans leurs discours parlent de l’intérêt d’un peuple auquel, dans la pratique, ils ordonnent de se courber pour qu’eux y puissent passer.

Nous pouvons y parvenir, si nous prenons conscience que c’est notre pays qui fournit les matières premières aux puissances occidentales, ce ne sont pas ces puissances qui nourrissent notre pays.

Nous pouvons y parvenir si chaque enfant de nôtre pays se bat pour qu’il ait la possibilité de donner à notre pays ce dont il est le plus capable et ce pour quoi il est formé.

Nous pouvons y parvenir en refusant d’accréditer la fraude électorale et toute autre fraude.

Il faudrait refuser de cautionner ce qui est arraché à la souveraineté du peuple par la violence des délinquants politiques qui gouvernent notre pays.

Le premier devoir d’un démocrate est de refuser l’injustice et de coordonner les actions jusqu’à l’extinction des racines de cette injustice. Le Congo vient de subir une injustice politique grave ; la cautionner revient à haïr son peuple et à consacrer la haine pour le présent et l’avenir de notre pays.

Il n y a pas d’injustice qui demeure longtemps quand le peuple est debout et cherche absolument la vérité.  Nous y arriverons surtout quand nous saurons mettre en pratique ce proverbe chinois : ‘’ le nouveau ne peut venir que si l’ancien disparait ‘’.  Je suis ce nouveau qui ouvre la porte, par laquelle la jeunesse entre dans le Congo nouveau.

Tant que le Congo restera installé dans l’ancien, la gérontocratie,  le nouveau ne peut arriver. L’étape actuelle est donc une étape décisive pour faire cesser l’injustice du hold up électoral. Ce problème n’implique pas seulement les Congolais, mais aussi tout homme épris de justice dans le monde.

La nuit peut durer longtemps mais l’aurore finit toujours par annoncer le jour qui se lève sur le monde. C’est en réussissant à mettre fin à ce cycle de la fraude politique que l’ancien disparaîtra.

Le nouveau  viendra  au fur et à mesure qu’un programme politique de restauration et du progrès social appellera au travail tous les enfants du Congo.

C’est à temps et à contre temps qu’il faut se lever pour ériger un programme qui soit pour les générations futures et pour l’Afrique un véritable laboratoire.

Se chercher pour se retrouver, se retrouver pour bâtir ensemble dans le secret  ce programme est la tâche à laquelle s’atèle Initiatives Africaines dont vous pouvez suivre les actions sur le site : www.cap-congo.org

Donner une loi constitutionnelle qui rassemble les valeurs auxquelles nous tenons pour restaurer la vie politique congolaise polluée par la corruption est le sens de la charte pour un Congo nouveau que nous lançons : Boya To bongissa mboka.

OUI, je souscris à la rupture ; non seulement j’y souscris, mais je vous rappelle que c’est l’un des éléments fondateurs de mon programme et c’est la base sur laquelle nous nous appuyons en affirmant les jeunes comme le futur et l’espoir du Congo.

Le PCT a introduit la vénalité dans la politique congolaise qui a conduit à la corruption et au mépris de l’intelligence : plus besoin de fournir l’effort d’acquérir de la connaissance pour obtenir une situation sociale !  Plus besoin, quand on est jeune fille ou femme de développer ses dons et capacités puisque la prostitution généralisée est l’un des modes de fonctionnement des cadres du régime !

LA RUPTURE EST UN CHOIX que chaque enfant du Congo, à quelque niveau qu’il se situe, à quelque endroit du monde qu’il se trouve DOIT FAIRE IMMEDIATEMENT ;  Il générera ainsi la véritable rupture qui précède le recouvrement du pouvoir du peuple.
Ce choix doit devenir notre quotidien ; c’est-à-dire que « je ne suis ni du sud, ni du nord, je suis du Congo »

Ce n’est sûrement pas par hasard, que vous m’avez sollicité, pour exprimer mon point de vue dans votre publication que vous avez choisi d’appeler « RUPTURE ».