Donne !
Toi le riche, toi le puissant. Toi qui détiens les banques et l’argent, je t’ai laissé jouer avec mon outil, je t’ai laissé l’argent. Mais avec ce qui te sert de jouet, tu as menacé ton frère. Alors tu vas me le rendre. Tu sais que tu n’as pas le choix, quand je te dis : « Non ! ». Ce n’est pas négociable, car si je dois te le reprendre, tu en souffrirais. Et je ne souhaite pas te voir souffrir, comme tu ne souhaites pas souffrir : tu as encore le souvenir de la dernière raclée reçue du père et tu ne souhaites pas le mettre en colère.
Tu vas me rendre l’argent.
Qui suis-je ?
Je suis celui qui souffre, en Afrique ou au Népal. Celui qui a faim. Celui qui meurt, dans ta rue ou dans la lucarne. Je suis celui à qui tu prends, sans demander ni rien donner. Je suis celui-là, que tu ne vois pas. Je suis. Tu ne me crois pas ?
Donne, à celui-là, en Afrique ou au Népal. Offre-lui, non seulement ce qui ne te sert pas, mais ce qui te tient le plus à cœur. Organise des convois, remplis les bateaux et les avions de tes offrandes. Rends-moi l’argent. Alors, de mes éclats de rire, je te montrerai.
Je te montrerai, l’Africain ou le Népalais, le cadeau que tu recevras de tes offrandes. Et tu recevras, bien plus que tu ne pourrais imaginer ! Je t’expliquerai comment te servir de ce magnifique outil que je t’ai laissé. Et tu comprendras.
Mais ne m’oblige pas à te le reprendre ! Je compterais : « Un ! »… A « Trois ! » tu prendrais la raclée. Préfèreras-tu te priver du cadeau que je te promets ? Faudrait-il que je te montre mes Armées, pour te faire peur ? Elles sont là, juste au-dessus de toi, pour te soutenir, ou… Pire.
Tu le sais, toi le riche, toi le puissant : tout cet argent que tu crois posséder ne tient qu’à des comptes informatisés. Cet argent ne tient qu’à une dette que tu as créé. Ce n’est que du vent que d’un simple souffle je peux effacer. Imagine ce qu’il se passerait si d’un coup j’effaçais ce tableau noir… Vois-tu ce chaos où pour une fois ce serait toi qui souffrirais, contrairement aux chaos que tu as l’habitude de conduire pour t’enrichir ? La guerre, la faim, le conflit te rapporte, énormément ! Mais si je devais intervenir, qu’en serait-il de toi ? T’es-tu posé la question ? Ne m’y obliges pas, il me suffirait que d’un mot : « Ainsi soit-il ! ». Et ainsi il serait. Le tableau serait effacé et il ne te resterait que tes larmes pour pleurer.
Ne crains pas, donne ! Donne et je te montrerai. Je t’offrirai. Je tiens toujours mes promesses.
Merci.
Pierre
